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La MNH vient de dévoiler les résultats de son Observatoire1 annuel dont le thème était « Inégalités de santé : quelle situation pour les Français et les professionnels de santé
Fidèle à la méthodologie de ses Observatoires, la MNH a comparé les conditions d’accès à la santé de la population générale à celle des soignants. Les inégalités persistent au sein des deux populations, avec une perception plus aiguisée de certaines difficultés chez les professionnels de santé. Mais des solutions s’élaborent.
#1. Le pouvoir d’achat constitue un enjeu majeur de l’accès aux soins.
26% des Français ont déjà eu recours à une aide financière pour accéder aux soins, tandis que près d’un Français sur deux se sent concerné par au moins une inégalité de santé. Les étudiants sont même 30,8% à avoir bénéficié d’une aide sociale pour accéder à des soins. Les contraintes financières ou géographiques sont citées comme les deux principales causes de ce constat. Ces inégalités d’accès à la santé sont comparables au sein des populations soignantes. Avec certaines catégories professionnelles surexposées : 33% des aides-soignantes ont ainsi eu recours à au moins une aide ou un prêt pour accéder aux soins.
#2. Le handicap et les vulnérabilités renforcent les inégalités d’accès aux soins.
41% des Français estiment que les personnes en difficulté financière ont un moins bon accès aux soins que le reste de la population. Ce chiffre passe à 27% pour les personnes en situation de handicap. Près d’un tiers des Français jugent la politique publique insuffisamment adaptée aux inégalités de santé, notamment en termes d’accès géographique à l’offre de soins, de logement ou de barrière de la langue. Les professionnels de santé partagent ces constats dans des proportions exacerbées par rapport aux Français. En effet, 40% d’entre eux estiment que la politique publique pourrait aller plus loin. Et ils sont 14% de plus que les Français à être sensibles aux difficultés d’accès aux soins pour les personnes touchées par la précarité ou le handicap.
#3. Les soignants sont confrontés au quotidien à des difficultés dans la prise en charge des personnes en situation de handicap et/ou de vulnérabilité.
Les professionnels de santé soulignent que le manque de temps (70%), la situation sociale des patients (54%), ou encore barrière de la langue (49%) constituent des obstacles à la prise en charge de leurs patients. 81% d’entre eux estiment que des aides externes seraient bienvenues, y compris de la part de personnes non soignantes.
#4. Face aux vulnérabilités, les soignants agissent.
82% des soignants sont formés ou sensibilisés aux spécificités des prises en charge des personnes en situation de handicap et 73% à celles des plus précaires. De plus, 74% d’entre eux exercent dans des structures qui ont également mis en place des dispositifs pour faciliter l’accès aux soins des personnes vulnérables. Enfin, 49% déclarent que les publics concernés ont été associés pour mettre en place ces dispositifs.
#5. La médiation en santé bénéficie d’une forte adhésion des professionnels de santé.
Malgré son utilité et sa plus-value pour « aller vers » les populations les plus éloignées des soins, la médiation en santé reste trop méconnue des soignants et de la population. La difficulté à trouver un médiateur en santé et l’absence de financement sont jugées comme les deux principaux freins à son développement pour près de la moitié des soignants.
Nadège Audegond
Voir l’intégralité de l’étude ici
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1Observatoire élaboré en partenariat avec l’Institut Odoxa et la Chaire Santé de Sciences Po.
Enquête menée du 29 août au 7 septembre 2023 auprès d’un échantillon de 1.005 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et d’un échantillon de 1.140 professionnels de santé, dont 557 infirmiers, 225 aides-soignants, 138 médecins et 220 autres professionnels de santé (cadres de santé, personnels administratifs...).