Améliorer la santé des hospitaliers
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Découvrez pourquoi le système de santé doit s'adapter au changement climatique et comment il peut anticiper les impacts d'une hausse de température. En savoir plus.
L’État a publié fin octobre son troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc 3). Objectif : faire en sorte que tous les acteurs de la société française se préparent à une hausse des températures de +4°C et, surtout, qu’ils en anticipent les conséquences. Le système de santé est particulièrement concerné.
2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée. Pour la première fois, les températures mondiales ont été supérieures de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle1. En France, ce réchauffement a déjà des conséquences (vagues de chaleur, sécheresses, inondations, cyclones…). Selon le Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), en tenant compte des politiques actuelles de réduction des émissions de CO2, la trajectoire mènerait à +2°C en 2030, +2,7°C en 2050 et même +4°C en 2100.
+ 2°C, c’est déjà un problème de santé
Avec le changement climatique, les risques de crues, de tempêtes et d’incendies, donc de blessés, augmentent. Les décès liés à la chaleur aussi. La pollution de l’air est exacerbée. Les contaminations bactériennes sont favorisées. Sans parler des vecteurs de maladies tropicales qui, tels les moustiques-tigres et les tiques, étendent leurs aires jusque sous nos latitudes… Tout cela impacte le système de soins. C’est pourquoi, parmi les 51 mesures préconisées par le Pnacc, la 16e insiste sur l’approche « Une seule santé » définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Plan des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE). Selon cette approche, qui reconnaît que la santé des humains, des animaux, des plantes et de l’environnement sont étroitement liés, il n’est pas possible de prévenir les problèmes de santé publique sans se préoccuper de l’avenir de la biodiversité et de la planète.
Assurer la résilience du système de santé
Toute l’étendue des conséquences du changement climatique sur le système de santé n’est pas parfaitement connue. La mesure 29 du Pnacc prévoit donc que les ministères en charge de la Santé et de la Transition écologique lancent une étude prospective conjointe sur le sujet dans les prochains mois. En attendant leurs recommandations sur les moyens d’assurer la continuité de l’offre de soins dans une France à +4°C, il est déjà possible d’agir à l’échelle de son établissement. Des mesures seront nécessaires pour protéger les personnels et les patients de la chaleur : décalage des horaires quand c’est possible (pour certains métiers administratifs, par exemple), déplacement des activités dans des zones moins exposées à la chaleur… Le confort thermique devra surtout être pris en compte dans les tous les travaux de rénovation des bâtiments. De même, les hôpitaux doivent se préparer à anticiper de possibles pénuries d’eau ou d’énergie causées par des événements climatiques. Autant d’actions qui s’inscrivent dans la continuité de la feuille de route « Planification écologique du système de santé » qui avait été publiée fin 2023.
À savoir
Afin d’aider les établissements et services médicaux-sociaux (ESMS) à élaborer des stratégies d’adaptation au changement climatique, l’ADEME propose des outils méthodologiques, des formations et des soutiens financiers propres à ce secteur .
Chiffre
14 245 établissements et services médicaux-sociaux (ESMS) sont considérés comme particulièrement exposés aux risques liés au changement climatique.
Source : Pnacc 3
1. Copernicus, janvier 2025
Émilie Tran Phong