Améliorer la santé des hospitaliers
Dossiers à la une
Confronté à la difficulté de se loger lors de son externat à Paris, puis de son internat à Rouen, le Dr Olivier Dosseh a imaginé une solution concrète à cette problématique récurrente. Avec sa plateforme HomeDoc, il simplifie la recherche de logement des internes et, avec elle, leur mobilité, leurs conditions de formation, ainsi que leur accueil sur leur lieu de stage.
« En tant qu’interne, on est confronté au moins une fois à un déménagement de quelques mois, soit à l’issue du concours de l’internat, soit lors d’un stage en périphérie ou inter-CHU », explique le Dr Olivier Dosseh. Aujourd’hui cardiologue à Rouen, il a lui-même vécu les contraintes de mobilité des médecins en formation lors de ses études.
Constatant que la plupart des internes rencontraient cette problématique, il s’est appuyé sur sa connaissance de la réalité de terrain et les contraintes logistiques de la formation médicale pour concevoir une plateforme de mise en relation bénéfique pour tous : « Les internes y trouvent des logements adaptés, avec des baux pensés pour le rythme de l’internat et l’outil Dossierfacile intégré. Pour les propriétaires, c’est un accès à une clientèle fiable et solvable, une gestion locative simplifiée grâce à des outils dédiés et une réduction de la vacance locative. »
Déjà plus de 6 000 utilisateurs
Sécurisée, la plateforme HomeDoc est exclusivement réservée aux internes et aux docteurs juniors, grâce au numéro RPPS. Pour proposer un outil aussi pertinent que performant, son créateur a investi à la fois de l’argent et du temps. « Je consacre aujourd’hui deux jours par semaine à la cardiologie et trois jours à HomeDoc, raconte le Dr Olivier Dosseh, qui ne regrette pas les efforts déployés. La plateforme apporte de la sérénité aux internes pendant leur formation. Elle simplifie leur installation et soutient leur mobilité sur tout le territoire. »
Preuve que la solution répond à une véritable demande : six mois seulement après son lancement officiel en août 2025, elle compte déjà plus de 6 000 utilisateurs. Et leur nombre ne fait qu’augmenter, porté par des passages dans la presse, le bouche-à-oreille, mais également des groupes Facebook créés par les internes. « Ils s’échangent leurs opportunités de logement, puis republient les annonces de leurs propriétaires lorsqu’ils s’en vont », constate le jeune médecin. Il mise aussi sur des frais de mise en relation très inférieurs à ceux d’une agence immobilière : 24 à 36 % du premier loyer pour les locataires, exigés uniquement lorsque la mise en relation aboutit.
Une solution socialement utile
HomeDoc ne se limite toutefois pas à la question du logement, insiste le Dr Olivier Dosseh. « C’est également un levier d’attractivité très important pour les établissements, dont beaucoup rencontrent des difficultés pour héberger les internes faute de places suffisantes dans les internats », estime-t-il. Proposer des logements adaptés à proximité des lieux de stage est aussi un bon moyen d’améliorer les conditions de formation.
La plateforme permet aussi aux territoires sous-dotés médicalement d’attirer de futurs médecins qui n’auraient pas spontanément pensé à ces localisations. « Les déserts médicaux, les hôpitaux périphériques ou même les villages ayant juste un maître de stage peuvent attirer des internes qui vont découvrir la vie locale et s’y projeter, assure-t-il. Aujourd’hui, on cherche à ce que des médecins déjà formés aillent là où on a besoin d’eux, mais c’est plus facile pour un étudiant qui n’a pas encore consolidé son réseau professionnel et amical d’aller dans un endroit qu’il ne connaît pas. »
Dans les prochains mois, HomeDoc devrait adosser aux propositions de logements une offre culturelle et de loisirs, avec le concours des collectivités territoriales. « J’aimerais faire de la métropole de Rouen une ville pilote, avant de développer la solution un peu partout », expose le fondateur. Une opportunité pour les territoires en tension de se présenter et de se mettre en valeur auprès des médecins de demain.
Propos recueillis par Marie Houssiaux