Améliorer la santé des hospitaliers
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Découvrez les résultats de l’enquête sur les conditions de travail des praticiens hospitaliers en psychiatrie.
Le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) a lancé en février 2023 une enquête sur les conditions de travail des praticiens exerçant cette spécialité dans le service public. Les résultats sont désormais connus.
« Pour la première fois, l’impression des professionnels de santé en psychiatrie sur leurs conditions de travail été mesurée de façon objective. Et ce, sur l’ensemble du territoire », explique le Dr. Soazic Peden, psychiatre au CHU de Brest et co-autrice de l’étude. Au total, 1 073 praticiens des hôpitaux publics, soit 20 % d’entre eux, ont répondu à ce questionnaire.
Les soignants aiment leur métier, mais…
Les sondés mettent une note globalement satisfaisante (5,7/10) à leur activité, dont ils apprécient la partie clinique tout comme les missions liées à l’enseignement ou à l’intérêt général.
En revanche, 17 % des sondés expriment une grande insatisfaction vis-à-vis de l’exercice quotidien de leur métier et songeraient à démissionner. Au-delà de la revendication salariale, ils citent une conjonction de facteurs de pénibilité : manque de moyens, accumulation de tâches administratives, enchaînement des astreintes liées à la permanence des soins, absence d’espaces dédiés aux mesures de contention sans consentement, gouvernance hospitalière qui demande de faire toujours plus tout en réduisant le nombre de lits… La surcharge permanente de travail et la difficulté à procurer des soins de qualité conduisent de nombreux psychiatres hospitaliers à envisager de quitter leur poste pour un cabinet (28 %), une clinique privée (16 %), voire un autre métier (15 %).
« Nous sommes dans un cercle vicieux, explique le Dr. Peden. Moins il y a de médecins, plus les facteurs de pénibilité s’accumulent pour ceux qui restent. Les étudiants choisissent moins cette spécialité, si bien qu’il devient difficile de remplacer les départs ». Pour les auteurs de l’étude, la question de l’attractivité du secteur est donc cruciale, d’autant que « tous les psychiatres sont passés ou passeront par la psychiatrie publique », rappellent-ils.