Améliorer la santé des hospitaliers
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Le 14 septembre dernier, dans le cadre de la troisième édition du forum « Santé 2025 » organisé par le groupe Les Échos Le Parisien, Médéric Monestier a pris la parole lors d’une table ronde consacrée à la santé des soignants. Le directeur général de la MNH a rappelé l’engagement de cette dernière en faveur de la santé des soignants.
Si elle a toujours été au cœur des préoccupations de la MNH, qui protège 1 million d’acteurs de la santé en France, l’usure professionnelle des hospitaliers atteint aujourd’hui des niveaux préoccupants. C’est ce que confirme l’enquête réalisée en 2022 par l’Observatoire MNH, qui révèle que 24 % des hospitaliers interrogés déclarent être en mauvaise santé. « Or un professionnel de santé qui n’est pas en bonne santé ne peut pas pleinement soigner », a rappelé Médéric Monestier, notant que « les soignants prennent moins soin d’eux que ne le fait la population générale. »
D’autres indicateurs critiques ressortent de l’enquête menée par la MNH avec son partenaire Odoxa. Ainsi, 69 % des hospitaliers déclarent vivre « toujours » avec au moins une source de stress dans leur vie professionnelle et 64 % d’entre eux connaissent des problèmes de sommeil, ce qui représente 17 points de plus que pour la moyenne des Français. Ils sont également 72 % à juger leur métier fatigant ou très fatigant. Un chiffre qui monte même à 87 % chez les aides-soignantes. Près d’un hospitalier sur deux (46 %), soit le double des actifs en emploi, se dit en outre mécontent de l’équilibre entre sa vie personnelle et sa vie personnelle.
4 axes pour agir collectivement
Ce mal-être se traduit entre autres par la consommation quotidienne de psychotropes chez 13 % des hospitaliers interrogés, mais aussi par un fort absentéisme. « On compte plus de 15 jours d’absence par an chez les hospitaliers, relate le directeur général de la MNH. Et chez les plus de 50 ans, qui sont relativement nombreux à l’hôpital, c’est jusqu’à 25 jours, soit plus d’un mois de travail. » De tels chiffres confortent la MNH dans sa volonté d’agir concrètement en faveur de la santé des soignants. « Le plus important, une fois que l’on a dit cela, c’est de trouver des solutions », plaide Méderic Monestier, qui appelle à valoriser les initiatives qui marchent.
Identifier et activer des solutions, c’est justement l’un des 4 axes d’actions qui viennent synthétiser les 20 engagements et 15 propositions de la MNH pour l’amélioration de la santé des hospitaliers. Du financement de la recherche sur la santé des soignants à la mise à disposition d’une plateforme de soutien psychologique, en passant par des journées de formation dédiées au sein des IFSI et IFAS, celle-ci s’engage dès à présent et sur le long terme.
Estimant qu’un « manager doit savoir travailler avec la médecine du travail », Médéric Monestier insiste sur l’importance de la prévention : « il faut apprendre à nos jeunes l’intérêt de la prévention, d’une manière générale et pour eux ». C’est aussi un objectif du gouvernement, dont la réforme des retraites récemment entrée en vigueur prévoit la création d’un fonds spécifique dédié à la prévention de l’usure professionnelle. Celui-ci concerne notamment les personnels soignants des établissements sociaux et médico-sociaux financés par l’Assurance maladie.
Le détail des axes d’actions, engagements et propositions de la MNH sont à découvrir ici.
Le replay de cette table ronde à venir sur le site forum « Santé 2025 »