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Focus prévention
Si le sujet des accidents du travail n’a rien d’amusant, l’aborder de façon ludique aide à comprendre leur impact financier, économique et humain.
Si le sujet des accidents du travail n’a rien d’amusant, l’aborder de façon ludique aide à comprendre leur impact financier, économique et humain. C’est ce qu’a souhaité faire Franck Valverde, préventeur au sein de l’Association Frédéric Levavasseur qui œuvre dans le secteur médico-social et social à la Réunion, avec son jeu de plateau pédagogique « Le Coût du Risque ».
Tout est parti d’une journée dédiée aux Salariés désignés compétents en prévention (SDCP) du secteur sanitaire et médico-social, début 2025. « On soumet toujours un questionnaire final pour connaître le ressenti des participants, retrace Franck Valverde, dont l’association fait partie du comité de pilotage chargé d’organiser ces rendez-vous en lien avec la Caisse générale de sécurité sociale (CGSS) et la Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS) de La Réunion. L’un d’eux a émis le souhait de voir la question du coût d’un accident du travail traitée lors d’une prochaine journée SDCP. »
Franck Valverde réfléchit alors à un format innovant, qui permettrait d’aborder ce sujet sérieux autrement qu’avec une présentation PowerPoint classique : « L’idée du jeu a germé dans mon esprit avec un plateau, des cases et des pions, comme au Monopoly. » Il met alors trois à quatre mois à concevoir un premier prototype fait maison.
Coûts directs et indirects
Chefs d’entreprise du secteur médico-social, directeurs, directeurs des ressources humaines… Les préventeurs auxquels s’adresse ce jeu sont pour beaucoup des dirigeants. Franck Valverde sait que l’aspect financier leur importe : « Je me suis dit qu’il serait intéressant de leur faire manipuler des billets factices pour prendre directement conscience du coût d’un accident du travail pour leur organisation. »
Les joueurs sont donc à la tête d’une structure et le plateau matérialise une année de leur direction. « Il leur arrive ce qu’il peut arriver à tout dirigeant : des projets potentiellement porteurs, mais aussi des accidents du travail et d’autres aléas, détaille l’ergothérapeute de formation. Le but, à travers ce mécanisme imaginé au sein de notre service de prévention, est d’appréhender le coût direct et surtout le coût indirect d’un accident du travail, dont il est admis qu’il est entre deux et six fois supérieur. »
Avec un message à faire passer le temps de la partie : en matière de prévention, l’inaction s’avère plus coûteuse que l’investissement. Un tableau de bord permet justement aux joueurs, en fin de partie, de faire un bilan de l’argent dépensé, investi et économisé grâce aux actions de prévention qu’ils ont entreprises.
Promotion de la prévention
Une manière originale de mettre en lumière l’impact concret d’une véritable stratégie de prévention des risques, de façon claire et avec une pointe d’humour. « Le jeu comporte des cartes bonus ou malus, d’autres qui testent les connaissances en matière de prévention, mais également des cartes joueurs avec des profils particuliers, à l’image du directeur près de ses sous qui négocie dès qu’il doit investir », détaille le préventeur, qui salue l’ancrage de l’Association Frédéric Levavasseur (AFL) dans la prévention des risques professionnels.
« Le financement d’une telle initiative ne vise pas tant à vendre des jeux qu’à emporter les autres structures médico-sociales et sociales avec nous sur ce sujet. » Avec le soutien de l’AFL, quatre exemplaires de « Le Coût du Risque » ont été produits par des entreprises de l’île pour être testés, d’abord auprès du service prévention de la CGSS puis à l’occasion d’une journée SDCP. « Ces expérimentations ont permis d’ultimes ajustements, relate Franck Valverde. L’objectif est maintenant de le déployer auprès d’autres entreprises réunionnaises, avant de le décliner pour d’autres secteurs, comme la petite enfance ou le BTP. »
Marie Houssiaux